PER ou assurance vie : que choisir pour la retraite ? : l’article
Le Plan d’épargne retraite (PER) et l’assurance vie sont les deux contrats les plus souvent proposés pour préparer la retraite. Ils se ressemblent par leur fonctionnement : un contrat d’assurance, des versements libres ou programmés, un fonds en euros et des unités de compte. Ils diffèrent pourtant sur l’essentiel : la disponibilité de l’épargne, la fiscalité et la transmission. Ce guide présente ces différences de manière générale.
La disponibilité de l’épargne
L’assurance vie : disponible à tout moment
L’épargne placée sur un contrat d’assurance vie reste disponible. Vous pouvez effectuer un rachat partiel ou total quand vous le souhaitez, sans justification. Aucune durée minimale n’est imposée : la durée de huit ans souvent citée n’est qu’un seuil fiscal, pas une contrainte de blocage.
Le PER : une épargne bloquée jusqu’à la retraite, sauf exceptions
Le PER est conçu pour la retraite : les sommes y sont en principe indisponibles jusqu’à la liquidation de vos droits à la retraite ou l’âge légal de départ. La loi prévoit cependant des cas de déblocage anticipé :
- décès du conjoint ou du partenaire de Pacs ;
- invalidité (du titulaire, de son conjoint ou partenaire, ou d’un enfant) ;
- situation de surendettement ;
- expiration des droits à l’assurance chômage ;
- cessation d’activité non salariée à la suite d’une liquidation judiciaire ;
- acquisition de la résidence principale (pour les sommes issues des versements volontaires et de l’épargne salariale) ;
- affection grave, handicap ou accident d’une particulière gravité d’un enfant à charge (depuis le 14 juin 2026) ;
- titulaire de moins de 18 ans (plans ouverts avant 2024).
C’est une contrainte, mais aussi une discipline qui protège l’effort d’épargne retraite des besoins de court terme.
La fiscalité à l’entrée
Le PER : des versements déductibles du revenu imposable
C’est l’atout principal du PER. Les versements volontaires sont déductibles de votre revenu imposable, dans la limite d’un plafond annuel. Pour les salariés, ce plafond est de 10 % des revenus professionnels de l’année précédente (nets de cotisations sociales et de frais professionnels), avec une déduction maximale de 37 680 € pour les versements effectués en 2026, ou de 4 710 € si ce montant est plus élevé. Les plafonds non utilisés des années précédentes peuvent être reportés.
L’économie d’impôt dépend de votre tranche marginale d’imposition : plus elle est élevée, plus la déduction est avantageuse. C’est pourquoi le PER intéresse surtout les contribuables imposés dans les tranches à 30 % et au-delà. Vous pouvez aussi renoncer à la déduction : dans ce cas, la fiscalité à la sortie est allégée.
L’assurance vie : aucun avantage à l’entrée
Les versements sur un contrat d’assurance vie ne procurent aucune réduction ni déduction d’impôt. L’avantage fiscal de l’assurance vie se situe à la sortie et au décès.
La fiscalité à la sortie
Le PER : l’impôt reporté à la retraite
La déduction à l’entrée a une contrepartie : les sommes sont imposées à la sortie.
- Sortie en capital, versements déduits : la part du capital correspondant aux versements est soumise au barème progressif de l’impôt sur le revenu, sans l’abattement de 10 % ; les gains sont soumis au prélèvement forfaitaire de 12,8 % auquel s’ajoutent les prélèvements sociaux, au taux de 18,6 % depuis 2026.
- Sortie en rente, versements déduits : la rente est imposée comme une pension de retraite, avec l’abattement de 10 %, et supporte des prélèvements sociaux sur une fraction de son montant.
- Versements non déduits : le capital correspondant aux versements est exonéré ; seuls les gains sont imposés.
Le raisonnement à mener est donc un raisonnement de tranche : le PER est intéressant si votre taux d’imposition à la retraite est inférieur à celui de votre vie active, ce qui est fréquent mais pas systématique.
L’assurance vie : seuls les gains sont imposés, avec un abattement après huit ans
En cas de rachat, seule la part de gains comprise dans la somme retirée est imposable, jamais le capital versé. Pour les versements effectués depuis le 27 septembre 2017 :
- avant huit ans, les gains sont soumis au prélèvement forfaitaire de 12,8 % (ou, sur option, au barème progressif) ;
- après huit ans, un abattement annuel de 4 600 € pour une personne seule et de 9 200 € pour un couple s’applique sur les gains ; au-delà, le taux est de 7,5 % pour les gains correspondant aux 150 000 premiers euros de primes, et de 12,8 % au-delà.
Les prélèvements sociaux sur les gains de l’assurance vie restent fixés à 17,2 %, y compris en 2026, alors que le taux général applicable aux autres revenus du capital est passé à 18,6 %.
La transmission au décès
L’assurance vie : le cadre le plus connu
Au décès, le capital est versé aux bénéficiaires désignés, hors succession civile, avec un abattement de 152 500 € par bénéficiaire pour les primes versées avant 70 ans, puis un prélèvement de 20 % jusqu’à 700 000 € de part taxable et de 31,25 % au-delà. Pour les primes versées après 70 ans, un abattement global de 30 500 € s’applique, et les gains sont exonérés. Le conjoint et le partenaire de Pacs sont exonérés dans les deux cas.
Le PER : un cadre proche, mais apprécié à l’âge du décès
Un PER souscrit sous forme de contrat d’assurance bénéficie d’un régime voisin, avec une différence importante : c’est l’âge du titulaire au décès qui compte, et non l’âge lors des versements.
- décès avant 70 ans : l’abattement de 152 500 € par bénéficiaire et le prélèvement de l’article 990 I s’appliquent ;
- décès après 70 ans : la totalité des sommes (versements et gains) est soumise aux droits de succession selon le lien de parenté, après l’abattement global de 30 500 €.
Autre différence : les sommes du PER n’ont jamais été imposées à l’entrée. Transmises au décès, elles échappent à l’impôt sur le revenu qui aurait été dû à la sortie. Ce point, souvent méconnu, doit être mis en balance avec le régime moins favorable en cas de décès après 70 ans.
L’horizon et les supports
Les deux contrats donnent accès aux mêmes familles de supports : un fonds en euros et des unités de compte. Les unités de compte présentent un risque de perte en capital : leur valeur peut varier à la hausse comme à la baisse. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Sur un PER, la « gestion à horizon » est proposée par défaut : la part d’unités de compte est réduite progressivement à l’approche de la retraite. Sur une assurance vie, la répartition est libre et doit être adaptée à votre horizon et à votre tolérance au risque.
Quel contrat pour quel usage ?
Situations où le PER est souvent pertinent
- Vous êtes imposé dans une tranche élevée et vous cherchez à réduire votre impôt pendant la vie active.
- Vous acceptez que cette épargne soit indisponible jusqu’à la retraite.
- Vous anticipez une baisse de vos revenus, donc de votre tranche, une fois à la retraite.
- Vous êtes travailleur indépendant ou dirigeant et souhaitez vous constituer une retraite complémentaire déductible.
Situations où l’assurance vie est souvent pertinente
- Vous souhaitez conserver la possibilité de disposer de votre épargne, pour un projet ou un imprévu.
- Vous êtes peu ou pas imposé : la déduction du PER a alors peu d’intérêt.
- La transmission est un objectif central, avec une clause bénéficiaire à construire.
Complémentarité : pourquoi les deux se combinent
Dans la pratique, les deux contrats répondent à des besoins différents et se complètent :
- le PER accueille l’effort d’épargne retraite « pure », en profitant de la déduction fiscale ;
- l’assurance vie constitue la réserve disponible et l’outil de transmission.
Une répartition fréquente consiste à verser sur le PER le montant qui optimise la déduction (jusqu’au plafond utile), et à diriger le reste de l’épargne vers l’assurance vie.
Vers une étude personnalisée
Le choix entre PER et assurance vie ne se fait pas dans l’absolu : il dépend de votre tranche d’imposition aujourd’hui et demain, de vos besoins de liquidité, de votre situation familiale et de vos objectifs de transmission. Cet article présente les règles générales et ne constitue pas un conseil personnalisé. En tant que courtier en assurance, nous réalisons un bilan de votre situation avant de vous proposer une répartition adaptée. Vous pouvez prendre rendez-vous au bureau de Rouen ou en visio pour en discuter.
Sources
Pages consultées le 16/09/2026 :
- service-public.gouv.fr, Plan d’épargne retraite (PER) individuel : https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F34982
- Article L224-4 du Code monétaire et financier, cas de déblocage anticipé du PER (Légifrance) : https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000048805611
- service-public.gouv.fr, imposition des revenus de l’assurance vie : https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F22414
- service-public.gouv.fr, prélèvements sociaux (CSG, CRDS) sur les revenus du patrimoine : https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F2329
- impots.gouv.fr, « L’assurance-vie et le PEA » : https://www.impots.gouv.fr/particulier/lassurance-vie-et-le-pea-0
- Article 990 I du Code général des impôts (Légifrance) : https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000038836524/
- Article 757 B du Code général des impôts (Légifrance) : https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000047288569
- BOFiP, BOI-TCAS-AUT-60, prélèvement de l’article 990 I (dont cas du PER) : https://bofip.impots.gouv.fr/bofip/1335-PGP.html/identifiant%3DBOI-TCAS-AUT-60-20230330
- BOFiP, BOI-ENR-DMTG-10-10-20-20, article 757 B (dont cas du PER) : https://bofip.impots.gouv.fr/bofip/3456-PGP.html/identifiant=BOI-ENR-DMTG-10-10-20-20-20230330
Cet article est une information générale, sans conseil personnalisé. Les unités de compte présentent un risque de perte en capital : leur valeur peut varier à la hausse comme à la baisse. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.